La Romance Du 14 Juillet
Pagina 391 • Franstalige liederen
Dit lied werd geschreven ter gelegenheid van het bezoek van een legatie Franse geneeskundestudenten aan de ULB, en werd voor het eerst gepubliceerd in de Universitaire Médical van februari 1948.
Elle avait ses quinze ans à peine
Quand ell'sentit battr'son coeur
Un beau soir, près du mec Gégène
Marinette a cru au bonheur.
C'était l'jour d'la fêt' nationale
Quand la bombe éclate en l'air
Elle sentit comme une lame
Qui lui pénétrait, dans la chair.
Par devant, par derrière,
Tristement comme toujours,
Sans chichis, sans manières,
Elle a connu l'amour,
Les oiseaux dans les branches
En les voyant s'aimer
Entonnèr'nt la romance
Du quatorze juillet.
Mais quand refleurit l'aubépine
Au premier souffle du printemps,
Fallait voir la pauvre gamine
Mettre au monde un petit enfant.
Mais Gégène, qui est l'mec à la coule
Lui dit: "Ton gosse, moi j' m' en fous!
Si tu savais comm'je m'les roule
A ta place moi j'lui tordrais l'cou."
Par devant, par derrière,
Tristement comm'toujours,
Fallait voir la pauvr' mère,
Avec son gosse d'huit jours,
En fermant les paupières
Ell' lui tordit l' kiki
Et dans l' trou des ouatères
Ell' jeta son petit.
Mise au banc de la cour d'assises
Et de c'lui de la société
Ell' fut traitée de fill' soumise
A la veill' du quatorz' juillet.
Elle entendait son petit gosse
Qui appelait sa maman
Tandis que le verdict atroce
La condamne au bagn' pour vingt ans.
Par devant, par derrière,
Tristement comme toujours,
Elle est mort' la pauvre mère
ÀCayenne un beau jour,
Morte avec l'espérance
De revoir son bébé
Dans la fosse d'aisance
Où ell' l' avait jeté.
Elle avait ses quinze ans à peine
Quand ell' sentit battr' son coeur
Un beau soir, près du mec Gégène
Marinette a cru au bonheur.