La Marche Des Étudiants
Pagina 365 • Franstalige liederen
Nous sommes ceux qu'anime la folie
Et qui s'en vont ivres de liberté;
Nous faisons guerr' à la mélancolie
Ou la cachons sous des cris de gaieté.
Bourgeois sans feu, votre vie est banale:
Les préjugés guident vos fronts tremblants;
Chez nous, l'on a l'humeur paradoxale,
Le coeur léger, et le gosier brûlant.
Des vieux gaulois nous gardons la mémoire
En les chantant perchés sur nos tonneaux;
Si le bourgeois veut nous payer à boire,
Nous le suivrons jusqu'au fond des caveaux.
Fraternité, tu nais entre les verres;
Ami, buvons à la Fraternité!
Haro! Haro sur les mines sévères!
Pourquoi Bacchus n'est-il pas député?
Si nous avons parfois la bourse plate,
Nous possédons bien des coeurs de trottins;
Car, en amour, nous sommes des pirates
Braquant partout leurs regards assassins.
Souvent, pourtant, nous devons en rabattre
De nos grands airs de riche Don Juan:
Dans les bouquins nous allons nousébattre
Pour oublier les suppôts de Satan.
Quand nous serons amis de doctes sages,
Nous sourirons doucement au passé
En regrettant, malgré tout, ce bel âge
D'enthousiasme à jamais effacé.
Alors, tirant sur nos vieilles bouffardes,
Nous redirons à mi-voix nos chansons;
Elles étaient peut-être un peu gaillardes,
Mais on hurlait si bien à l'unisson!